Critique : Vivarium (2020)

Vivarium est un film de science-fiction irlando-belgo-danois coécrit et réalisé par Lorcan Finnegan.

A la recherche de leur première maison, Gemma et Tom effectuent une visite en compagnie d’un mystérieux agent immobilier, Martin. Par la suite, le jeune couple se retrouve piégé dans un lotissement de maisons identiques appelé Vauvert.


C’est ton destin !

Dans son postulat de départ, Vivarium se montre assez séduisant. Le cinéaste irlandais n’hésite pas à surenchérir, au point d’amener un sentiment d’incohérence. Il s’appuie énormément sur le surréalisme et la métaphore. Les clichés de la vie de famille sont grossis, assombris et glaciales. Les personnages reflètent les codes et les émotions que l’on peut s’imposer dans la vie. Un miroir qui peut laisser le spectateur de marbre, ou bien lui rappeler ses craintes (ou interrogations) concernant la création d’une famille.

Sur la forme, Lorcan Finnegan cloisonne efficacement son propos. Que ce soit les décors, les couleurs ou les effets brumeux, tout est mis en place pour véhiculer de l’anxiété et l’aspect « reflet » chez le spectateur. La déshumanisation est cristallisé à travers les accessoires, les mouvements et l’environnement. Le cynisme est également omniprésent, notamment sur le bonheur (ou rêve) américain de la vie familiale. Le cadre de Finnegan se veut composé, avec une mise en évidence des alignements et des couleurs. Évidemment, cela nous renvoie à « La Quatrième Dimension » et « Black Mirror« .

A l’image de son aspect stérile et pessimiste, Vivarium reste tout aussi sombre et cru dans sa dernière partie. Ne vous attendez pas à un climax à la Christopher Nolan, où l’on pourrait vous donner des explications. Le spectateur se doit d’analyser ce qu’il a vu, et de le comprendre par lui-même. Bref, c’est du cinéma !

Côté casting, Imogen Poots et Jesse Eisenberg s’en sortent très bien. Ils donnent ce qu’il faut pour donner corps au concept. L’intensité de leur jeu contraste parfaitement avec l’environnement et le mutisme des autres acteurs. Eanna Hardwicke, Jonathan Aris et le jeune Senan Jennings offrent des interprétations efficaces et assez déroutantes.

La musique de Kristian Eidnes Andersen démarre avec quelques sonorités à la « Desperate Houswives« , pour ensuite basculer et chuter vers des compositions plus abyssales et mystérieuses.

En résumé, Vivarium est un premier coup de maître de la part de Lorcan Finnegan. Un long métrage qui questionne, fascine, et qui aura de multiples interprétations. Encore un jeune cinéaste à suivre de près !

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