Critique : Le dernier samaritain (1991)

Le dernier samaritain est un film d’action américain réalisé par Tony Scott.

Détective privé alcoolique et cynique, Joe Hallenbeck fut autrefois un héros des services secrets. Sa carrière a tourné court, tout comme celle du footballeur noir Jimmy Dix, qu’il rencontre dans une boîte de nuit où se produit Cory. L’assassinat de cette dernière va lancer les deux hommes dans une enquête difficile et musclée…


Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tenais à vous faire un petit d’horizon autour du film. En 1990, Shane Black vend à Warner Bros pour 1,75 millions de dollars. Un montant colossal pour l’époque, mais le producteur Joel Silver est sûr de son coup. Ce dernier avait récolté pas mal de billets verts pour les deux premiers volets de L’Arme Fatale, tous deux écrit par Shane Black.

Et pour que Le dernier samaritain soit une réussite sur tous les plans, Joel Silver soumet le script a Tony Scott, qui accepte d’en être le réalisateur. A l’époque, il était déjà considéré comme l’un des spécialistes des films d’action. Tony Scott avait connu de jolis succès comme Top Gun, Jours de Tonnerre ou encore Le Flic de Beverly Hills 2. Il devient une valeur sûre, malgré le petit flop qu’a été Vengeance avec Kevin Costner et Anthony Quinn.

Après avoir rassemblé des experts de l’action et du buddy movie, l’heure était au casting. Le rôle de Jimmy Dix a été proposé à Mel Gibson, alors que Joe Hallenbeck devait revenir à Jack Nicholson. Le premier n’avait pas de place sur son agenda, tandis que le second venait de finir sa quatrième réalisation. C’est finalement, Bruce Willis et l’étoile montante Damon Wayans qui sont engagés.

Le tournage a duré quatre mois entre Los Angeles, Beverly Hills, Long Beach, San Diego, West Hollywood et San Marino. Tony Scott n’avait pas caché que la production du film avait été un sacré cauchemar. Joel Silver et Bruce Willis remettaient constamment en cause le réalisateur. De son côté, le producteur racontera un peu plus tard que ce tournage a été l’une des pires expériences de sa vie professionnelle. Comme quoi, même en réunissant les ingrédients les plus alléchants, le cocktail peut avoir un sale goût. Bien sûr, je ne parle que de la partie coulisses. A présent, voyons ce que ça donne aujourd’hui à l’écran.


« Une mouche dans le lait mon cher Hans, un petit rouage qui grippe ! Un emmerdeur ! »

Le dernier samaritain compte parmi les films d’action qui t’ont fait vibrer quand tu étais môme. L’eau a coulé sous les ponts depuis, et ce genre de divertissement se fait de plus en plus rare. Toute une époque du cinéma américain populaire transpire au sein de ce film, à l’image des personnes qui ont participé à sa réussite, malgré un succès commercial et critique mitigé à l’époque .

L’ouverture générique pose le décor américain avec sa musique et son football. La toile de fond s’étend un peu plus avec la première séquence du film. On nous présente ensuite Joe Hallenbeck et Jimmy Dix, le premier est un mélange de John McClane et Martin Riggs, et le second apparaît comme une star déchue du football. Tony Scott respecte à la lettre le script de Shane Black, tout en y injectant son sens du divertissement.

Joe ou John ?! Même Combat ! 

Bruce Willis reste fidèle à lui-même en surfant sur la composition « John McClane », que l’on retrouvera pour Die Hard 3 (Une journée en enfer). Il campe un ex-agent de la CIA qui et reconverti en détective privé à la limite de l’épave. Un rôle sur mesure pour l’acteur, qui conforte évidemment son statut de star.

A ses côtés, Damon Wayans trouve son premier grand rôle au cinéma. A l’époque, on lui prédisait une belle carrière au cinéma. Ici, il se révèle solide dans la peau de James « Jimmy » Dix, et surtout, il forme un très bon duo avec Bruce Willis. La paire fonctionne à merveille, comme à chaque fois sous la plume de Shane Black.

Au niveau des seconds couteaux, on retient principalement les méchants avec Noble Willingham, Taylor Negron et Kim Coates. Halle Berry officie dans l’un des premiers rôles de sa carrière.

Et au final, ça donne quoi le Dernier Samaritain ?

Tony Scott renforce les codes de l’action movie 80’s (et du buddy movie). On retrouve son savoir-faire pour ce qui est d’emballer le produit (n’oublions pas qu’il vient de la publicité), et le rendre éclatant. La mise en scène se montre fluide et décontractée, notamment grâce à un montage assez vitaminé. Le réalisateur maitrise parfaitement l’action, tout en tirant le meilleur du duo Willis/Wayans.

Le script de Shane Black entremêle aisément la noirceur et l’humour. Tony Scott s’y retrouve complètement. Son cadre fait mouche à chaque instant, aussi bien dans le dramatique, que dans le comique. On est dans la grande tradition du cinéma d’action à l’américaine. A l’image de l’intrique, les personnages ne tirent pas sur l’originalité, mais ça reste d’une grande efficacité. La nostalgie nous gagne lorsque l’on revoit ce genre de film. L’action movie d’aujourd’hui n’est plus aussi authentique et inventif. Malgré les soucis qu’il a pu rencontre dans sa production, Le dernier samaritain ne manque pas de style, ni de punch.

N’oublions pas la bande originale de Michael Kamen (L’Arme Fatale, Die Hard, Highlander), qui apporte la sonorité parfaite pour ce type de cinéma. Ses compositions épousent la facette noire du film, en y injectant un souffle épique.

En résumé, Le dernier samaritain respire plusieurs codes, à commencer par le film noir tragi-comique. Un style qui convient parfaitement à Tony Scott et au casting. Un long métrage qui a atteint les 30 ans, et qui n’a rien perdu de sa force.

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