Critique : The Rover (2014)

The Rover est un western dystopique australo-américain coécrit et réalisé par David Michôd.

En Australie, dans un futur proche. Dans un monde ravagé après l’effondrement de l’économie mondiale, survivre devient un combat de chaque jour. La société ne repose plus sur aucune règle sociale, et encore moins morale. Lorsque Eric se fait voler sa voiture, l’unique bien qu’il lui reste, il se lance immédiatement à la poursuite des trois criminels qui se sont crus en droit de le déposséder.


Mon nom est personne

Quatre années après l’excellent Animal Kingdom, David Michôd signe son retour avec une œuvre bouillante et plus féroce. The Rover est clairement un vibrant hommage à George Miller (Mad Max) et Ted Kotcheff (Wake in fright, Rambo). Les images prennent le pas sur les mots, les corps et les mouvements amènent une structure aux personnages et insufflent des émotions brutes. Le scénario de David Michôd et Joel Edgerton (The King) mise sur la simplicité et les zones d’ombres pour articuler un suspens percutant. Les personnages sont finement conçus, avec des thématiques fortes (solitude, culpabilité, destiné…). Bien que l’on soit dans la science-fiction, les scénaristes renvoient notre regard sur la société d’aujourd’hui et la nature humaine.

Côté mise en scène, David Michôd est au plus près des interprètes, et plus particulièrement dans le dos de Guy Pearce. Il conduit ce dernier à s’enfoncer au milieu des terres chaudes et hostiles de l’Australie. Le spectateur est invité aux côtés des personnages, pour gouter à la fournaise. L’effet fonctionne parfaitement, tant le réalisme arrive à nous embarquer dés le premier quart d’heure. Les décors sont sublimes et participent à une immersion totale. La photographie de Natasha Braier est à tomber, et se couple parfaitement avec la vision du cinéaste.

L’atmosphère fiévreuse nous contamine, autant que Guy Pearce et Robert Pattinson. Les deux acteurs forment un duo assez attachant et convaincant. La performance de Guy Pearce est renversante, ce qui montre à quel point cet acteur est capable de porter un film à lui tout seul (comme c’était le cas avec Memento).

La musique épouse le suspens et l’hostilité qui règnent sur les routes australiennes. Une approche qui rappelle, par moments, le travail de Jerry Goldsmith sur Alien.

En résumé, The Rover frappe en pleine face ! L’humanité dans tous ses états, de la fureur à la beauté. Les sentiments ont été secoués, tout comme le spectateur. David Michôd signe un petit bijou obscure, comme on les aime.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s