Critique : Un héros très discret (1996)

Un héros très discret est film dramatique français coécrit et réalisé par Jacques Audiard.

Dans l’époque trouble et confuse de l’hiver 1944-1945, à Paris, un homme qui n’a pas participé à la guerre va se faire passer pour un héros en s’inventant une vie admirable. A force de mensonge, il va construire par omissions et allusions un personnage hors du commun.


Sur les planches !

Après avoir son éclosion au cinéma avec « Regarde les hommes tomber » (1994), Jacques Audiard adapte le roman, Un héros très discret de Jean-François Deniau. Le long métrage est présenté au Festival de Cannes, et sera récompensé du prix du meilleur scénario. Aux yeux de tous, le cinéaste français confirme son talent de réalisateur et de scénariste.

Imaginez un peu « Attrape-moi si tu peux« , ayant pour toile de fond la Seconde Guerre Mondiale. Cela vous donne déjà un léger aperçu de l’histoire d’Albert Dehousse, un homme qui cherche à occuper les esprits en accumulant les apparences et les mensonges. A l’écriture, Alain Le Henry et Jacques Audiard prennent un malin plaisir à fondre la réalité avec la fiction. Cela amène une profondeur à la structure narrative et un véritable attachement pour ce caméléon. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, notamment, Servane (Anouk Grinberg), Dionnet (Albert Dupontel) et Meyer (Bruno Putzulu). Chacun apporte quelque chose à l’intrigue et à la construction de l’imposteur, Albert Dehousse.

Derrière sa caméra, Jacques Audiard reste fidèle à lui-même. Sa mise scène s’articule comme un étau qui se resserre sur le protagoniste principal. Le suspens est omniprésent, et on sait très bien qu’une échappatoire peut se créer ou tout son contraire. Le cinéaste retranscrit parfaitement l’atmosphère de la Seconde Guerre Mondiale, avec une dimension romanesque, ce qui renvoie à Albert Dehousse. Il est à la fois passionné et amusé par le personnage, et on le ressent de la première à la dernière minute. Le style « abyssal » d’Audiard fait mouche, puisqu’il s’accorde toujours aussi bien par le montage de Juliette Welfling, que la photographie crépusculaire de Jean-Marc Fabre.

Le casting se montre rayonnant, comme c’est souvent le cas chez Jacques Audiard. Mathieu Kassovitz trouve un rôle sur mesure pour exprimer son talent d’acteur. A ses côtés, Anouk Grinberg est sublime et convaincante. Une bonne actrice qui s’est fait bien trop rare ces dernières années. Albert Dupontel, Bruno Putzulu et Jean-Louis Trintignant sont impeccables. Sandrine Kiberlain méritait que son personnage soit un peu plus présent au sein de l’intrigue.

Et pour finir, la musique d’Alexandre Desplat épouse totalement les images et intensifie le suspens. Les compositions reflètent de la sobriété et un accord total avec le tourbillon romanesque dans lequel s’enferme Albert.

En résumé, Un héros très discret démontre à quel point Jacques Audiard est un cinéaste important du cinéma français. Intelligence et maitrise sont au rendez-vous !

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