Critique : La Femme de mon Pote (1983)

La Femme de mon Pote est une comédie française coécrite et réalisée par Bertrand Blier.

Ils sont copains depuis plusieurs années. Dans leur station de sports d’hiver, Pascal vend des vêtements, Micky travaille dans une boîte de nuit. Pascal a une liaison avec Viviane, qui ne laisserait pas Micky indifférent si elle n’était la femme de son pote. Mais voilà que Pascal l’incite à assister au spectacle ! Micky cède et finit par passer quelques jours en compagnie de la jeune femme pendant une absence de Pascal…


Enneigé et peu ensoleillé

A l’origine, Bertrand Blier a composé son histoire en s’inspirant de la vie de Coluche, Patrick Dewaere et Elsa. Le cinéaste avait prévu de former un trio électrique avec Coluche, Patrick Dewaere et Miou-Miou. Son ambition était de proposer un film miroir, à la fois drôle et mélancolique.

Malheureusement, Patrick Dewaere se suicide en juillet 1982. Une tragédie qui affecte tous ses proches, à commencer par Coluche, Bertrand Blier et Miou-Miou. Celle-ci se retire du projet, et Coluche souhaite également le quitter. C’est son impresario, Paul Lederman qui insiste auprès de Coluche pour qu’il tourne sous la houlette de Blier. Isabelle Huppert et Thierry Lhermitte acceptent de reprendre les rôles vacants. La Femme de mon Pote se fait dans un contexte très particulier, puisque l’ombre de Patrick Dewaere est omniprésente dans les têtes.

Au niveau du script, on ne retrouve pas toute la finesse et l’énergie de Bertrand Blier. Les dialogues n’ont pas la même saveur que sur les films précédents et certaines péripéties sont essoufflées. Même si on accroche, on reste loin de la qualité d’écriture de Buffet Froid et Préparez vos mouchoirs. Les personnages ne bénéficient pas d’un véritable relief, et cela se ressent à certains moments dans les interprétations du trio. L’alchimie « bliesque » n’est pas présente, ce qui affaiblit l’ensemble du long métrage.

Côté mise en scène, le cinéaste apparait peu à l’aise au milieu des pistes. L’environnement ne semble pas lui correspondre. Le potentiel scénographique de Courchevel n’est pas représenté. Pourtant, on entrevoit des scènes sublimes, douces et amères. Elles ne prennent pas totalement la dimension attendue, et dont nous avait habitué Bertrand Blier. Le rythme du film en souffre terriblement, puisqu’il n’évite pas les creux.

Le trio Huppert/Lhermitte/Coluche a du charme. Isabelle Huppert se montre à l’aise et s’amuse avec l’ambiguïté de son personnage. Malgré ses efforts, Thierry Lhermitte ne parvient pas à se fondre dans le cinéma de Blier. L’étiquette de Popeye (Les Bronzés) lui colle encore un peu à la peau. Et pour finir, Coluche apparait mélancolique, bien plus que son propre personnage.

En résumé, La Femme de mon Pote fait office de deuil pour Bertrand Blier et Coluche. L’atmosphère est assez singulière, et laisse transparaitre un essoufflement collectif.

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