Critique : Prince des ténèbres (1987)

Prince des ténèbres est un film d’horreur américain écrit et réalisé par John Carpenter.

Un prêtre, des étudiants et quelques scientifiques entreprennent de mettre à jour le secret contenu dans un mystèrieux coffret gardé depuis des siècles par une secte religieuse. A l’intérieur un troublant liquide vert va vite mettre toute l’humanité en péril.


Passion et maitrise

3 millions de dollars de budget pour 40 jours de tournage. Prince des ténèbres est né, et John Carpenter confirme son statut de maître de l’horreur et d’artisan indépendant du cinéma.

Dés les premières minutes, on retrouve les codes du cinéaste. L’atmosphère glauque agit comme un étau sur les personnages et le spectateur. La musique et les effets sonores font corps constamment avec les images. La maestria du cinéaste fait mouche de la première à la dernière seconde. Techniquement, c’est épuré et efficace. Son cadre reflète une maitrise totale de l’espace, des corps et des décors. Un huis-clos qui comprime chaque personnage. Il faut également souligner l’efficacité du jeu d’ombres et de lumières. Les prouesses en terme d’effets spéciaux et de maquillage marquent à jamais l’esprit cinéphile. Comme pour « The Thing« , John Carpenter laisse fulminer l’imagination du spectateur. Les émotions et les sensations sont décuplées.

Niveau scénario, on retrouve la mécanique « Apocalypse » du maître de l’horreur. Ce dernier s’appuie sur ses thématiques de prédilection pour renverser les croyances, la science et bien sûr la société. L’objectif est d’instaurer une ambiance inconfortable, où les repères s’effritent au fur et à mesure que la menace prend forme. Le miroir fait office d’objet symbolique pour articuler l’intrigue. La science et la religion sont couplées, ce qui distille encore plus de relief au Mal qui vibre au sein de l’église. Les personnages sont caractérisés de la manière la plus simple, pour être plus efficace. Toutefois, la galerie n’est pas aussi bien développée et équilibrée que celle de « The Thing« .

Au niveau du casting, on retrouve quelques habitués de la maison Carpenter. Commençons par Donald Pleasence (La Nuit des Masques, New York 1997) qui est crédible en prêtre lâche et mystérieux. A ses côtés, Victor Wong et Dennis Dun (Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin) se fondent facilement dans l’univers de Carpenter, au point de devenir des icônes du cinéma fantastique des 80’s. Avant tout, John Carpenter travaille sa distribution au corps. Il mise sur le physique, les mimiques et la gestuelle pour mieux charmer et semer la terreur.

Pour la musique, le cinéaste compose de nouveau avec Alan Howarth (Christine, New York 1997). Ils signent un score magnifiquement étrange et ensorcelant. On retrouve toute l’intelligence du duo dans la manière de marier les sonorités électroniques et orchestrales. Un plaisir pour les oreilles, qui colle parfaitement aux images et à l’atmosphère Carpenter.

En résumé, Prince des Ténèbres respire le grand cinéma de l’horreur des années 1980. Toute une époque s’offre à nous, où John Carpenter confirme son statut de maître du genre.

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