Critique : Voyagers (2021)

Voyagers est un film de science-fiction international écrit, coproduit et réalisé par Neil Burger (« L’illusionniste« , « Limitless« ).

Un groupe de jeunes gens, aussi brillants que disciplinés, embarque à bord d’un vaisseau dans le cadre d’une expédition pour coloniser une planète lointaine, afin de sauver la race humaine. Mais la découverte de détails perturbants à propos de la mission, va remettre en question leur formation et les pousser à questionner leurs instincts les plus primitifs. La vie à bord vire alors au chaos, et ils sont tour à tour rongés par la peur, la luxure, et une soif insatiable de pouvoir.

Édité chez Universal Pictures, Voyagers est disponible en DVD, Blu-Ray et VOD le 25 août 2021.


Un périple fatiguant et peu convaincant

Après avoir réalisé le remake américain de « Intouchables« , Neil Burger replonge dans la science-fiction. Au vue du propos, du cinéaste et du casting, on est forcément curieux de découvrir Voyagers. On s’attend à du spectacle et surtout de l’originalité dans la manière d’exploiter le genre, aussi bien sur le fond, que sur la forme. Récemment, on a eu de beaux films comme « Ad Astra« , « High Life » ou encore « First Man« .

Malheureusement, Neil Burger ne hisse pas son cinéma à une nouvelle échelle, bien au contraire. Il conduit Voyagers, sans prendre en compte les œuvres majeures du genre. La mécanique manque cruellement d’âme, à l’image des nombreuses maladresses scénaristiques. Le propos de base se retrouve entaché par des clichés et des ficelles mal orchestrées. Le cinéaste ne fait que sous-exploité sa référence, qui est « Sa Majesté des mouches« . Les thématiques sont traitées avec peu de finesse. Les protagonistes sont lisses, et cela renvoie directement au manque de conviction de la part du casting.

La scénographie de Neil Burger ne tire pas non plus vers l’originalité. Comme pour son écriture, sa volonté est d’aller à l’essentiel. Un choix qui entraine un déséquilibre émotionnel et rythmique. Son atmosphère est séduisante, et il en ressort quelques séquences très efficaces. Le cinéaste américain coche les cases d’un cinéma « blockbusters », alors qu’il se devrait d’être plus « indépendant ». Il n’ose pas pousser le chaos pour marquer le spectateur, et ainsi renforcer son climax. Les contrastes entre la docilité, l’éveil des pulsions primaires et la prise de conscience manquent de subtilité. On est loin de Paul Verhoeven, David Cronenberg ou encore Danny Boyle. Nous citons ces cinéastes car ils ont traités les mêmes thématiques que Voyagers à travers des facettes particulières et souvent inoubliables.

Intéressons-nous maintenant à la distribution, qui ne se montre pas très inspirée. Tye Sheridan (Ready Player One) ne propose rien de neuf dans son jeu. Il n’apparait pas totalement convaincant lorsqu’il souhaite véhiculer une certaine tension ou de la peur. A ses côtés, Lily-Rose Depp livre une prestation insipide. Tout comme son partenaire, il lui faudra passer un cap dans ses choix artistiques pour que l’on puisse prendre réellement conscience de leur talent d’incarnation. Fionn Whitehead (Dunkerque) n’évite pas le cabotinage, ce qui affecte la crédibilité de son personnage. Et pour finir, Colin Farrell semble être le seul acteur de métier. Son interprétation passe par la sobriété pour être efficace et attachant. La direction de Neil Burger se révèle trop légère pour ce casting jeune et peu expérimenté. Les choix du cinéaste ne payent pas.

En tout cas, le score de Trevor Gureckis est une réussite. Ses compositions amènent une certaine résonance atmosphérique au propos. Les sonorités se rapprochent de Vangelis (Blade Runner) et Brian Eno (Dune), et ce n’est pas un hasard.

En résumé, Voyagers rate son décollage et semble perdre chacun de ses réacteurs. Neil Burger réchauffe jusqu’à l’incendie. On s’attendait à beaucoup mieux de la part du cinéaste et de son casting.


Retrouvez plus d’informations sur le film sur Cinétrafic.

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