Critique : WandaVision (2021)

WandaVision est une mini-série « super-héros » américaine réalisée par Matt Shakman et créée par Jac Schaeffer.

Wanda Maximoff alias Scarlet Witch et Vision sont des super-héros, vivant dans une banlieue idéalisée mais commençant à soupçonner que tout n’est peut-être pas ce qu’il paraît être…


De l’originalité, mais pas assez culotté !

WandaVision se démarque par son concept et son hybridation des genres. La recette du MCU (Marvel Cinematic Univers) se voit assaisonner par de nouveaux ingrédients. Tout en restant dans la continuité des évènements de Avengers : Endgame, la série emprunte divers chemins narratifs et rend hommage à certaines séries américaines incontournables. La créatrice, Jac Schaeffer articule son intrigue autour de la santé mentale de Wanda. Un choix intéressant et maitrisé dans la première partie de la série. Un démarrage où WandaVision trouve son style, sans s’y embourber. En plus de son concept, l’esthétique et l’intrigue sont d’un niveau plus cinématographique, que pour les séries Marvel précédentes (Agent Carter, Les Agents du Shield). Les studios affichent de l’ambition pour cette mini-série.

Cependant, la mécanique peine à réellement nous surprendre par la suite. Les studios Marvel voulaient de la nouveauté, sans pour autant scotché les fans (les clients) de la première heure. Il faut offrir quelques ficelles classiques pour parvenir à satisfaire un large public. Un équilibre louable dans un sens, mais regrettable lorsque l’on constate le potentiel du concept et du couple Wanda et Vision. Les faiblesses se font surtout sentir sur les personnages secondaires et l’antagoniste. Ils sont intrigants et attachants, même si certains enjeux sont téléphonés. La créatrice et le réalisateur se sont amusés à tisser de multiples pistes sur chaque épisode, ce qui favorise l’accroche et l’imaginaire chez le spectateur. En revanche, certaines questions culottées n’obtiennent pas des réponses aussi audacieuses.

Il faut également souligner que la psychologie de Wanda est le maillon fort de la série. Un tremplin pour exploiter des thématiques intemporelles, comme le deuil, la maternité, l’amour ou encore la solitude. La-dessus, Matt Shakman et Jac Schaeffer ont réalisé un excellent travail. La mythologie des sorcières est plutôt bien esquissée, mais cruellement d’originalité. L’influence Harry Potter est omniprésente.

Dans l’ensemble, la mise en scène de Matt Shakman nous propose de belles choses, à commencer par la maitrise du cadre et des transitions. Les différentes étapes télévisuelles de la série sont convaincantes et amusantes. Le réalisateur s’appuie constamment sur un répertoire très référencé, ce qui fait office d’hommage à la culture télévisuelle à l’américaine. Une mécanique connue, que Matt Shakman s’approprie pour composer son labyrinthe psychologique et métaphysique. Son cadre et ses transitions favorisent des repères et de la fluidité dans le rythme.

Il faut également saluer l’efficacité de la photographie (Ghost in the shell, Hot Fuzz) de Jess Hall, qui fait facilement corps avec la direction artistique et les effets spéciaux. L’ensemble est plus que solide, et amène une identité avec une véritable saveur cinématographique. Celle-ci est assumée, mais elle n’atteint le niveau d’une production comme Stranger Things ou Westworld. Il manque ce petit souffle d’originalité et d’audace, qui amène certaines séries à se démarquer et être quelque peu révolutionnaire. Les derniers épisodes font retomber la série vers quelque chose de plus commun, ce qui est dommageable.

La bande originale de Christophe Beck se rapproche de certaines compositions de John Williams, ce qui est assez troublant. On se rapproche du souffle épique et mystérieux d’Indiana Jones et Star Wars. Le score de WandaVision ne cache pas ses références, et c’est plus que satisfaisant.

Le casting répond aux attentes, et apporte le relief parfait pour les personnages et la série. Elizabeth Olsen réalise une interprétation subtilement nuancée, qui amène un nouveau regard sur Wanda. L’actrice s’est totalement appropriée le personnage et renforce son iconisation. A ses côtés, Paul Bettany est également en forme et se montre de plus en plus à l’aise dans la peau de Vision. L’alchimie fonctionne et rayonne sur l’ensemble du show.

Au niveau des seconds rôles, on retient principalement Kathryn Hahn et Teyonah Parris. Elles signent toutes les deux des prestations convaincantes. Evan Peters et Kat Dennings apparaissent sous-exploités, ce qui renvoie au non-accomplissement de l’audace initiale.

D’ailleurs, il aurait intéressant d’inclure un ou deux autres héros importants du MCU pour accompagner ou s’opposer à Wanda. Bruce Banner (Mark Ruffalo) semblait tout indiquer pour jouer un rôle important, voir même Hawkeye (Jeremy Renner).

En résumé, WandaVision est porté par un concept original et une belle distribution. Cependant, le show freine son audace pour convenir à tous. L’ambiguïté autour des personnages et de l’univers de Wanda aurait pu être plus importante, au point de déstabiliser totalement le spectateur. La recette MCU fonctionne encore une fois, et les fans pourront se satisfaire d’avoir vu un développement créatif autour de la sorcière et du post- Endgame.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. princecranoir dit :

    Je vous rejoins en partie. Je trouve la série formidable jusqu’à la révélation puis deux derniers épisodes navrants qui nous font du Marvel de base sans grand intérêt.

    Aimé par 1 personne

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