Critique : Winter’s Bone (2010)

Winter’s Bone est un film dramatique américain coécrit et réalisé Debra Granik.

Dans les monts Ozarks du Missouri, Ree Dolly est responsable de ses jeunes frères, Sonny et Ashlee, ainsi que de leur mère souffrant d’un trouble psychique. Elle leur apprend à chasser et à faire à manger pour subvenir à leurs besoins alimentaires. Jessup, leur père, a disparu depuis longtemps ; ils savent uniquement qu’il a été libéré sous caution après une arrestation pour fabrication de méthamphétamines.


Voyage au creux de l’Amérique

Après avoir séduit le Festival de Sundance avec « Down to the bone » (2004), Debra Granik fait son retour en 2010 avec Winter’s Bone. La cinéaste américaine frappe un grand coup, puisque ce deuxième long métrage obtient plusieurs récompenses à travers le monde et quatre nominations aux Oscars. Un beau succès critique et public, qui apporte un statut important à Debra Granik. Hollywood lui fait les yeux doux à plusieurs reprises, notamment pour réaliser des grosses productions « féministes », telles que « Hunger Games« , « Wonder Woman » ou encore « Black Widow« . Des projets qui ne l’intéressent pas, ou plutôt qui ne lui correspondent pas.

Revenons-en à Winter’s Bone, et plus particulièrement à la composition du scénario. Debra Granik adapte le roman éponyme de Daniel Woodrell publié en 2006. Tout d’abord, on retrouve la même noirceur poisseuse qui ronge les personnages. L’approche de la cinéaste passe par une combinaison des genres, qui résulte au western contemporain. La région des Monts Ozarks (Missouri) est présentée comme une fosse, où la cohabitation n’est pas des plus aisées. Ree (Jennifer Lawrence) est la seule personne qui n’abdique pas, et qui ne ménage pas ses efforts pour tirer sa famille vers un horizon moins sombre. Son oncle, Teardrop (John Hawkes) endosse le rôle d’ange gardien, voir de mentor vis-à-vis d’elle. Il en ressort un duo grisonnant et attachant, qui est englué dans une guerre des clans. La précarité, la famille, l’abandon ou encore la vengeance sont les thèmes fondamentaux et tremplins pour Debra Granik. L’intrigue porte tout simplement sur une personne disparue et les conséquences que cela entrainent. Les faux-semblants, les secrets ou encore les trahisons sont de mises, et renforcent le suspens et le mystère autour de certains personnages.

Pour ce qui est des dialogues, Debra Granik ne brode pas. La simplicité amène l’efficacité, et cela prend tout son sens, lors du climax.

Dans son ensemble, le scénario se rapproche étroitement du roman de Daniel Woodrell. Peu de choses ont été modifiées ou ajoutées.

La mise en scène s’appuie parfaitement sur les décors naturels, ce qui favorise l’isolement des différents personnages. Il en ressort un climat glaciale, sauvage et hostile. La réalisatrice se veut au plus près de la réalité. Une atmosphère âpre et sombre, favorisé par la photographie de Michael McDonough (Les poings contre les murs). Debra Granik orchestre le tout comme un huis clos, où la lumière se faire rare. L’immersion est instantanée, tout comme notre attachement pour Ree et ses proches. Au niveau du rythme, le long métrage se veut lancinant pour mieux cloitrer le spectateur au milieu des Monts Ozarks.

La bande originale surfe sur la country et le bluegrass. Même si Dickon Hinchliffe est crédité comme compositeur principal, la participation de Stephen Jones est tout aussi importante.

Le casting est composé principalement d’acteurs et d’actrices méconnues. La révélation est Jennifer Lawrence, qui signe une prestation remarquable. Debra Granik a vu juste en lui offrant le premier rôle de son film. On espère revoir l’actrice incarner des rôles aussi forts, que celui de Ree.

A ses côtés, John Hawkes (The Sessions) démontre qu’il est un acteur capable d’interpréter des rôles complexes et de premier plan. Et on retient également la prestation glaçante de Dale Dickey (Comancheria).

En résumé, Winter’s Bone est un western contemporain de grande qualité. Debra Granik maitrise parfaitement son sujet et excelle dans la direction de ses actrices et ses acteurs. A ce jour, il s’agit du plus beau rôle de Jennifer Lawrence.

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